Les sociétés contemporaines sont traversées de mobilisations inédites par leurs grammaires, leurs répertoires d’action, leurs compositions sociologiques : de « Me Too » présenté comme la quatrième vague du féminisme aux « Gilets jaunes », expression d’une révolte populaire réveillant auprès des élites la grande peur de l’« âge des foules » en passant par des mobilisations « climat » qui oscillent entre protestation morale et critique radicale du thermo-capitalisme patriarcal et raciste. Dans le même temps, sur les terrains urbains et de la mobilité, de la consommation, des modes d’habitat, des migrations, des identités… se développent des revendications et innovations recomposant les lignes d’identification et de conflictualité.
 
Comment décoder ces mouvements sociaux et actions collectives ? S’agit-il de les appréhender dans leurs singularités ou d’en reconstruire un cadre général d’intelligibilité ? Sont-ils les vecteurs d’une irréductible fragmentation de l’espace public dans une société d’individus ou, au contraire, ceux d’une recomposition des collectifs et d’un sens du commun? L’État reste t’il le cadre et le destinataire de ces mobilisations ? Ces mobilisations en réseau balayent-elles les organisations intermédiaires, associatives, syndicales, politiques dans leurs prétentions à organiser, à représenter et à politiser le social ?

Quelle est la place et quel est le rôle des sciences humaines au sein ou à l’égard de ces acteurs souvent défiants vis-à-vis de toute délégation et récupération symbolique ? Avec quels cadres d’analyses et quels concepts?

C’est à la compréhension et à l’analyse de ces conflictualités contemporaines  qu’est consacré le séminaire du CESIR de l’année 2020.

 

 

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